Alors que les élèves de troisième doivent choisir leur orientation, une étude du LIEPP met en avant le phénomène d'autocensure.

Actualités : Comprendre l'autocensure des élèves de troisième

Publiée le 20 mars 2015 dans la catégorie Scolarité et orientations

La fin de la troisième est le premier moment de l'orientation. L'élève doit choisir entre les filières générale, technologique et professionnelle. Un choix motivé par les notes, mais pas seulement. Un rapport du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Science-Po Paris, de Élise Huillery et Nina Guyon, met en avant que les jeunes issus des milieux modestes ont tendance à viser des formations moins élevées que leur niveau scolaire le leur permet et ce, pour de nombreuses raisons. 

L'autocensure scolaire

Selon Élise Huillery, pour Éducation Magazine, "L'autocensure [est] le fait de pouvoir accéder à une forme d'études, du point de vue de son niveau, et de choisir de rester en-deça." Elle est très forte chez les élèves issus de milieux modestes : "Par rapport aux élèves d’origine favorisée de même niveau scolaire, les élèves d'origine modeste ont une probabilité 5% plus petite d’être orientés en seconde générale et technologique, 74% plus petite de redoubler, et 10% plus petite de sortir du public et de rejoindre le privé sous contrat. Inversement, ils ont une probabilité 93% plus élevée d’être orientés en seconde professionnelle et 169% plus élevée d’être orientés en CAP."

Et ses raisons

Plusieurs raisons expliquent l'autocensure, par ailleurs modérée par l'action des professeurs et des parents qui tirent l'enfant vers le haut. La première raison est le manque de moyens. Si le passage au lycée n'engendre pas forcément des frais supplémentaires, 25% de ces jeunes disent qu'ils devront emprunter s'ils poursuivent des études supérieures. Cela peut les dissuader de continuer dans la filière générale, synonyme d'études supérieures.

La deuxième est le fait que les élèves issus des milieux défavorisés sont plus influençables que les autres. Ils vont avoir tendance à se conformer à leurs camarades, et à être entraîné vers le bas du fait du peu de mixité sociale. Les enfants issus des milieux défavorisés connaissent moins les études supérieures et leurs débouchés. Ils peuvent ainsi tenter de se rattacher à quelque chose qu'ils connaissent mieux, les études courtes, professionnelles.

Mais la cause principale de l'autocensure est psychologique. D'une part, les enfants issus des milieux défavorisés se dévalorisent. À niveau égal, ils ont l'impression d'être moins forts que les enfants issus des milieux défavorisés. D'autre part, s'ils sont en réussite, ils sont persuadés que celle-ci ne durera pas : ils attribuent un poids très important à leur origine sociale dans leurs résultats futurs. Pour eux, si un enfant de bon niveau et issu d'un quartier favorisé a 80% de chance de réussir ses études, ses chances tombent à 50% s'il est issu d'un quartier modeste. Si des études ont montré que le milieu social favorisait les bons résultats scolaires, il est difficile pour les deux chercheuses de confirmer ces chiffres.


Pour plus d'information, retrouvez l'interview de Élise Huillery sur Éducation Magazine (édité par les éditions FABERT). Vous pouvez aussi consulter le rapport en ligne du LIEPP (PDF).

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