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DES PEDAGOGUES > XVIIe siècle >

Jean-Baptiste DE LA SALLE

 
Jean-Baptiste DE LA SALLE (1651 - 1719)
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Carte d'identité

1651
Naissance de Jean-Baptiste de La Salle à Reims dans une Famille bourgeoise de 11 enfants dont il sera l’aîné.
1680
Obtention du doctorat après la maîtrise ès arts et des études de théologie à Reims puis à Paris.
1684
Fondation de la commu- nauté masculine des « Frères de la communauté des écoles chrétiennes » et ouverture, trois ans plus tard, d’un noviciat pour entrer dans la communauté.
1700 à 1714
Visite des écoles gratuites qu’il a créées dans les villes sur l’ensemble du royaume,malgré les oppositions ecclésiastiques (notamment à Paris et à Reims).
1705 et 1706
Rédaction des deux textes fondateurs de la pédagogie lasallienne, les Règles Communes de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes et la Conduite des Ecoles Chrétiennes.
1719
Mort de De La Salle à Rouen, laissant une communauté d’une centaine de frères répartis dans 15 diocèses du royaume, reconnue par lepape en 1725.
 
Le père de la pédagogie simultanée

Photo de Jean-Baptiste de La Salle Chacun a sans doute en tête l’image d’Epinal du frère à l’habit noir avec grand manteau, chapeau à larges bords et grosses chaussures, celle du célèbre Frère des écoles chrétiennes. Cette image est juste, puisqu’elle correspond au signe distinctif de la communauté créée par Jean-Baptiste de La Salle. Chacun croit peut-être aussi que notre fondateur est à l’origine des écoles populaires de garçons. Une telle image est fausse. En effet, quand en 1678 La Salle s’installe dans le monde des petites écoles gratuites, il rejoint tout un réseau de congrégations créées dans la première moitié du siècle, vouées à l’enseignement des pauvres et à la formation des maîtres et des maîtresses. On peut dire que La Salle arrive très tard sur le secteur : ses petites écoles s’ajoutent à tout un ensemble qui ne lui doit rien. Sa réussite tient à une chose : ses écoles vont devenir le modèle des autres…

Le début du XVIIè siècle est marqué par un renouveau et une multiplication des congrégations et des ordres religieux. La seconde moitié se préoccupe de la réforme du clergé séculier et de l’encadrement de la dévotion populaire qui doit être inculquée par une catéchèse régulière des adultes et, avant tout, des enfants. En dehors des querelles politiques et religieuses de son temps, La Salle vit un catholicisme strictement orthodoxe (et lié à la royauté). Sa volonté de former les âmes à la morale et à la doctrine chrétiennes rencontre l’approbation de la Monarchie absolue et des élites dirigeantes qui craignent les désordres dans le royaume. L’école est perçue par le clergé et le roi comme un moyen de prévention : sauver les âmes des enfants, leur apprendre les normes d’une civilité élaborée par les élites bourgeoises et nobles, inculquer les rudiments d’un savoir de plus en plus sollicité par les activités économiques. Fonction religieuse, fonction moralisatrice, fonction économique, tels sont les fondements de l’école du peuple.

Sur le plan pédagogique, La Salle est considéré comme le fondateur de la pédagogie simultanée, celle qui va s’imposer lors de la querelle des modes sous Guizot en 1830 (contre le mode indi-viduel et le mode mutuel). Or cette reconnaissance est fausse. Elle l’est parce que des pédagogues comme Charles Démia, à l’origine de la communauté de Saint- Charles à Lyon en 1666, ont précédé sur ce plan notre pédagogue.

Elle l’est aussi parce que La Salle peut être considéré comme un adepte de la pédagogie différenciée que l’on a pourtant l’habitude d’opposer au mode simultané « traditionnel »… Nous allons, dans cette présentation, insister sur cet aspect parce qu’il est sans doute celui qui concerne plus directement l’organisation scolaire contemporaine (cf. la question du collège unique). Bien entendu, La Salle accorde beaucoup d’importance aux principes religieux qu’il veut inculquer aux enfants.