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Marie-Eugénie MILLERET

 
Marie-Eugénie MILLERET (1817-1898)
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Carte d'identité


1817
Naissance à Metz d'Anne- Eugénie Milleret dans une famille de banquiers.
A l'adolescence, Anne-Eugénie va voir son père perdre sa fortune, ses parents divorcer et sa mère décéder. Son père la confie à diverses familles.
1836
Conversion lors des conférences de carême du Père Lacordaire et préparation à une vie religieuse.
1839
Fondation des religieuses de l'Assomption à Paris pour éduquer les jeunes dans la foi.
La congrégation de L'Assomption est conçue par sa fondatrice comme un ordre enseignant et missionnaire.
1898
Elle meurt à Paris le 10 mars 1898.

 
La christianisation de l'intelligence

Photo de Marie-Eugénie MilleretMarqué par de profonds boulever-sements notamment au plan socio-politique, économique, philosophique, artistique et religieux, le XIXe siècle français voit surgir de nombreux instituts religieux qui ont pour mission, l’éducation. Parmi ces instituts figure celui des Religieuses de l’Assomption fondé par Marie-Eugénie Milleret en 1839. Pour quelle(s) raison(s) établit-elle une congrégation vouée à l’éducation ? Quelle en est la spécificité ? Le point de départ de son œuvre d’éducation  est la conversion à la foi catholique. Aussi, l’un des principaux thèmes qui lui tient à cœur est la christianisation de l’intelligence. Cette intelligence ainsi éclairée trouve un appui solide dans la formation du caractère. À la suite des ces deux thèmes, Marie-Eugénie Milleret fait des vertus naturelles et de la transformation sociale, son cheval de bataille en éducation. Ainsi se dégagent les quatre principaux thèmes que nous retenons pour présenter son œuvre éducative.

Christianisation de l’intelligence
Cette expression peut paraître de prime abord absconse. Pour la saisir, il convient de l’éclairer à la lumière de quelques citations de Marie-Eugénie Milleret. Dans  Conseils sur l’éducation , le premier petit traité d’éducation qu’elle écrit à l’intention  des premières religieuses de sa congrégation, la fondatrice souligne que «  la foi donne plus d’intelligence encore que la vieillesse » (Textes fondateurs, 1991, p 534). Quelques lignes plus loin, elle ajoute que le but de l’éducation, c’est de préparer l’enfant à tous les devoirs de la vie en combattant en lui l’égoïsme dans toutes ses recherches (idem p. 535). Certes, l’expérience peut contribuer à trouver le bon moyen de mener ce combat. Mais plus que l’expérience et la sagesse, c’est d’abord la foi qui active l’intelligence. Et qu’est-ce que la foi ? C’est l’adhésion profonde du cœur  et de l’esprit au Tout-Autre, entendu Dieu ; une adhésion qui l’emporte sur la certitude.

Rappelons le : c’est cette vertu théologale qui a rendu notre éducatrice capable de mieux appréhender la réalité qui l’entoure et de s’engager à prendre activement part à la transformation sociale de son milieu. Ainsi, y attache-t-elle une importance capitale. L’intelligence éclairée par la foi est dégagée de tous les oripeaux et peut alors donner toute sa mesure pour mener à bien le combat de l’éducation. Ce n’est pas non plus sans raison que dès les premières années de la fondation de son institut religieux, Marie-Eugénie Milleret veut une institution plus solide aussi bien pour ses sœurs que pour les élèves. D’ailleurs, en cette première moitié du XIXe siècle, une prise de  conscience plus grande se fait sentir, quant à la nécessité d’une formation intellectuelle plus solide pour les filles. Le contexte socio-politique l’exige de plus en plus et les esprits ouverts s’en rendent bien compte.